Le troc, système commercial répandu au Moyen Âge, est de retour à l’époque de la pandémie de coronavirus, avec une touche moderne.

 

Les réseaux sociaux Facebook et Nextdoor sont inondés de messages de voisins et d’amis qui cherchent à échanger des œufs contre du papier toilette. Les petites et moyennes entreprises, dont le commerce en espèces s’est tari à cause des retombées économiques désastreuses actuelles se tournent vers les échanges de troc en ligne en tant que nouvelle stratégie commerciale pour pérenniser leur activité.

 

De plus, le troc entre les consommateurs s’intensifie également après que les gens aient vidé les rayons des épiceries et accumulé des fournitures à la maison. Pour l’instant, on continue à le traiter comme une plaisanterie. Un sondage sur Twitter a demandé combien de canettes de bière valaient un seul rouleau de papier (deux ou trois canettes a été la réponse la plus populaire).

 

Rires mis à part, le troc d’articles ménagers et de nourriture pourrait plus que doubler cette année. Le troc est devenu particulièrement populaire auprès des personnes les plus exposées aux formes graves du coronavirus hautement contagieux et qui veulent éviter les magasins.

 

Une pratique isolée devenant petit à petit un véritable mode de vie

Des groupes Facebook et d’autres possibilités de commerce apparaissent alors que des milliers de personnes cherchent à échanger des biens.

 

San Francisco, le mois dernier, Tammy Calhoun a échangé un pain fraîchement cuit et quelques avocats de chez elle contre l’aide d’un voisin qui lui a permis de planter un potager dans son jardin. Soit une situation qu’elle n’aurait jamais rencontrée avant l’actuelle pandémie de coronavirus.

 

Voyant la ruée folle pour le papier toilette et la farine dans les épiceries, elle a créé en mars un groupe de troc sur Facebook pour sa ville de Ventura, en Californie du Sud, afin que les voisins puissent échanger des fruits frais, des serviettes en papier ou tout ce dont ils ont besoin. Sa monnaie de troc de prédilection est le pain, et elle échangeait autrefois des avocats contre de la levure pour le fabriquer.

 

Une tendance globale

Le groupe de Calhoun, qui a gagné plus de 4 600 membres en sept semaines, fait partie d’une poignée croissante de groupes similaires disséminés dans tout le pays, y compris dans l’ouest du Montana et le sud du Nevada. Ils représentent une augmentation plus large du troc, les épiceries étant à court de marchandises et les gens partageant ce qu’ils ont. Les participants disent que cela leur permet d’éviter les magasins bondés et d’économiser un peu d’argent. Mais tout aussi important, c’est une façon de se sentir utile pendant la pandémie.

 

À Frisco, au Texas, Greg Bair a échangé du pain au levain fraîchement cuit contre le moulin à blé d’un voisin. Dans le sud du Maryland, Lyn Cianflocco a échangé des rouleaux de papier toilette contre du savon à vaisselle. À Fresno, en Californie, Ashley Hughes a ramassé des citrons chez un voisin et est revenue trois jours plus tard avec de la marmelade.

 

« C’était une façon très unique de se rapprocher de quelqu’un à une époque où beaucoup d’entre nous se sentent seuls », a déclaré Hughes.